le grand tenant-lieu
50/65 cm / acrylique sur toile / Paris mai 2009 / © Parés
Il a été posté là, dans la salle d’apparat d’une très luxueuse demeure, par un des maréchaux du diable en personne, celui qui gouverne les régions froides des hautes aspirations et des basses jalousies.
Par la fenêtre on voit le reflet de la lune sur les eaux dormantes du lac sans fond, l’île de la repentance et ses trois passerelles qui la relient à la triste lande.
Depuis, cela doit faire plusieurs éons, il attend les ambassadeurs plénipotentiaires des régions basses du stupre, du don de soi, et du messianisme.
En fait ce que l’on voit par la fenêtre est le petit bosquet de l’infortune juché sur la colline des faux-espoirs, sachant que le monde extérieur est, comme dans la divine comédie, inversé par rapport à l’immense villa du tenant-lieu.
Il se tient bien entendu au courant des affaires du monde par osmose avec les régions de l’air.
Comme l’espace qui le touche il observe la plus grande immobilité.
Finalement nous ne sommes pas sûrs qu’il s’agisse d’une fenêtre, on penche plutôt pour un miroir de taille respectable.
Tout est prêt pour le jour où les plénipotentiaires s’annonceront à sa porte.
Ou alors c’est un poster.
Un écran plasma.
Une vue de l’esprit?